Biodiversité - l’incroyable variété du vivant
La vie est apparue sur Terre il y a environ quatre milliards d’années. Jusqu’à aujourd’hui, l’évolution a produit un nombre inimaginable d’habitats, d’espèces animales et végétales, dont beaucoup n’ont pas encore été découverts. La biodiversité est la base de la vie sur notre planète. Elle est pourtant gravement menacée. Les expert·e·s parlent déjà d’une sixième extinction de masse dans l’histoire de la Terre. Comment en est-on arrivé là ?
La biodiversité ou diversité biologique comprend trois domaines très étroitement liés : la diversité des espèces, la diversité génétique au sein des espèces et la diversité des écosystèmes tels que les forêts ou les océans. Chaque espèce fait partie d’un réseau de relations très complexe. La disparition d’une espèce a un impact sur de nombreuses autres espèces et sur des écosystèmes entiers.
Près de 2 millions d’espèces ont été décrites à ce jour dans le
monde, mais leur nombre est bien plus élevé selon les expert·e·s. Les forêts tropicales humides et les récifs coralliens comptent parmi
les écosystèmes les plus riches en
espèces et les plus complexes de
la planète. Environ la moitié de l’ensemble des espèces animales et végétales
vivent dans les forêts tropicales.
La diversité biologique mérite d’être protégée en tant que telle
et constitue en même temps la base de notre subsistance. Chaque jour, nous
utilisons de la nourriture, de
l'eau potable, des médicaments, de l'énergie, des vêtements ou des matériaux de construction. Les
écosystèmes intacts assurent la pollinisation
des plantes et la fertilité
des sols, la purification
de l’eau et de l’air et le stockage du CO2 nocif
au climat. Ils nous protègent des catastrophes environnementales telles que les inondations ou
les glissements de terrain.
La nature est par ailleurs à la fois
le foyer et un lieu spirituel de nombreux peuples indigènes. Les Autochtones
sont les meilleur·e·s gardien·ne·s de la forêt tropicale. Les écosystèmes où
vivent les communautés
indigènes sont particulièrement intacts.
L’établissement du lien entre la
disparition de la nature et la propagation de maladies ne date pas de la crise mondiale du Coronavirus
SARS-CoV-2. Une nature intacte
et diversifiée nous prémunit contre de nouvelles
pandémies.
Les conséquences : disparition des espèces, faim
et crise climatique
L’état de la nature s’est considérablement détérioré dans le
monde entier. Environ un million d’espèces animales et végétales sont menacées
de disparaître au cours des prochaines décennies. 37 400 espèces animales et
végétales sont aujourd’hui menacées d’extinction selon la liste rouge de
l'Union internationale pour la conservation de la nature.
Un triste record ! Les experts parlent d’une sixième extinction de masse dans l’histoire de la Terre. Le
taux actuel d’extinction des espèces au niveau global est des centaines de fois
plus élevé que lors des 10 derniers millions d’années, et ce en raison de
l’influence humaine.
De nombreux écosystèmes de la planète -
75 % des zones terrestres et 66 % des zones marines - sont également menacés. Seuls 3% de ceux-ci sont
écologiquement intacts, certaines parties de l’Amazonie et du bassin du Congo
par exemple. Les écosystèmes riches en espèces, tels que les forêts tropicales et les récifs coralliens, sont
particulièrement touchés. Environ 50 %
des forêts tropicales ont été détruites au cours des 30 dernières
années. La mort des coraux continue
d’augmenter en raison de l’augmentation de la température mondiale.
Les principales causes du déclin massif de la biodiversité sont la destruction des habitats, l'agriculture intensive, la surpêche, le braconnage et le réchauffement climatique. Environ 500 milliards de dollars US par
an sont investis dans le monde entier dans la destruction de la nature : pour l’agriculture industrielle,
les subventions pour le pétrole et le charbon, la déforestation et
l’imperméabilisation des sols.
La perte de biodiversité a des conséquences sociales et économiques considérables.
L’exploitation des ressources se fait au détriment de milliards de personnes
dans le Sud. L’ONU ne pourra atteindre ses 17 objectifs de
développement durable (ODD), comme l’élimination de la faim et de la pauvreté, que si la biodiversité
est conservée dans le monde entier et utilisée durablement pour les générations
futures.
Sans la préservation de la biodiversité, la protection du climat est également menacée. La
destruction des forêts et des tourbières, qui constituent d’importants puits de
CO2, exacerbe le
changement climatique.
La solution : moins, c’est plus!
Notre planète ne possède pas des
ressources naturelles en quantité illimitée. Nous, humains, en consommons
pourtant deux fois plus que ce que la Terre met à disposition chaque
année. Au rythme actuel de consommation des ressources, ce sera au moins
trois fois plus d’ici 2050. La préservation la biodiversité comme base de notre
vie nécessite une augmentation de la pression sur les décideur·euse·s politiques.
Elle nécessite également des actions à mettre en œuvre dans notre vie
quotidienne.
Conseils pratiques pour la préservation de la
biodiversité
1.
Manger végétal : plus de fruits et de légumes colorés et de tofu dans notre
assiette, moins ou pas du tout de viande ! Environ 80 % des terres
agricoles du monde sont utilisées pour l’élevage et la production d’aliments
pour animaux.
2.
Régional et Bio : consommer des aliments issus de l’agriculture biologique
permet d’éviter les immenses monocultures industrielles et l’utilisation de
pesticides. Acheter des produits régionaux permet d’économiser d’importantes
quantités d’énergie.
3.
Agir à bon escient : ai-je vraiment besoin de nouveaux vêtements ou d’un
téléphone portable ? Ou bien puis-je me procurer des objets d’usage
courant d’occasion ? Il existe de bonnes alternatives aux produits
contenant de l'huile de palme ou du bois tropical. Les animaux de compagnie en
provenance des régions tropicales, tels que les perroquets ou les reptiles,
sont à proscrire. Calculez votre empreinte
écologique dès maintenant.
4.
Devenir un·e ami·e des abeilles : pollinisateurs et autres insectes sont heureux d’avoir
accès à une grande variété de plantes savoureuses sur les balcons et dans les
jardins. Pour celles et ceux ne possédant pas leur propre coin de verdure, il
est possible de participer à un projet de conservation de la nature dans leur
région.
5.
Soutenir les protestations : les différentes manifestations et pétitions contre le
réchauffement climatique ou en faveur d’un changement de l’agriculture font
pression sur les décideur·euse·s politiques, qui sont également
responsables de la protection de la biodiversité.

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