Responsabilité des autorités sous l’état de siège : le silence et l’inaction face au pillage du Lac Albert
Depuis l’instauration de l’état de siège en Ituri, la gestion sécuritaire et administrative du Lac Albert est placée sous l’autorité directe des institutions militaires provinciales. Cette mesure exceptionnelle, présentée comme une réponse à l’insécurité chronique, devait restaurer l’autorité de l’État, protéger les populations civiles et mettre fin à l’exploitation illégale des ressources naturelles. Pourtant, sur le terrain, la réalité est tout autre.
FORED, Forum des Engagés pour le Développement Durable, constate avec une vive inquiétude que le Lac Albert demeure un espace de dérives, d’impunité et de mauvaise gouvernance.
Une lutte contre la pêche illégale qui reste largement illusoire
Malgré la militarisation de la gestion du lac, la pêche illégale continue de prospérer sous les yeux des autorités. Les pratiques prohibées persistent : filets non réglementaires, surpêche, exploitation anarchique et exclusion progressive des pêcheurs artisanaux respectueux de la loi.
Pour FORED, l’absence de résultats visibles dans la lutte contre ces pratiques est un échec manifeste de la gouvernance sous l’état de siège. Comment justifier que, dans une zone hautement militarisée, les réseaux de pêche illégale continuent d’opérer en toute tranquillité pendant que les communautés locales s’appauvrissent ?
Un mutisme officiel qui nourrit la méfiance
À cette situation s’ajoute un silence institutionnel préoccupant. Les autorités en charge de l’état de siège communiquent peu, voire pas du tout, sur les mesures concrètes prises pour assainir la gestion du Lac Albert. Aucune information claire n’est régulièrement mise à la disposition du public concernant les opérations menées, les résultats obtenus ou les sanctions infligées.
Pour FORED, ce déficit de transparence n’est pas anodin : il alimente la méfiance, affaiblit la légitimité de l’action publique et ouvre la voie aux soupçons de complaisance, voire de complicités tacites avec des pratiques illégales.
L’impunité comme mode de gouvernance
Plus grave encore, les nombreuses violations signalées par les pêcheurs, les leaders communautaires et les organisations locales restent, pour la plupart, sans suites judiciaires visibles. Les arrestations arbitraires et les tracasseries contre les plus vulnérables contrastent avec l’absence de sanctions publiques contre les véritables responsables de la prédation du lac.
FORED dénonce une impunité structurelle qui transforme l’état de siège en un système à deux vitesses : une rigueur répressive pour les pauvres et une tolérance coupable pour les réseaux puissants.
Un échec politique et moral de l’état de siège
Ces constats traduisent une faiblesse manifeste de gouvernance du Lac Albert, en totale contradiction avec les objectifs officiellement assignés à l’état de siège. Loin de restaurer la sécurité et l’État de droit, la gestion actuelle contribue à la destruction progressive d’une ressource vitale et à l’aggravation des frustrations sociales.
Pour FORED, l’état de siège ne peut servir de couverture à l’inaction, à l’opacité ou à la captation des ressources publiques. Il engage pleinement la responsabilité des autorités qui l’exercent.
FORED exige des actes, pas des discours
Face à cette situation, FORED appelle à :
- des actions concrètes et mesurables contre la pêche illégale sur le Lac Albert ;
- la publication immédiate des mesures prises et des résultats obtenus ;
- des enquêtes indépendantes sur les violations signalées et les responsabilités y afférentes ;
- la fin de toute implication des forces armées dans les activités économiques ;
- et l’implication réelle des communautés locales dans la gouvernance du lac.
Le Lac Albert n’est pas une zone de non-droit.
Sa protection est un devoir national et une urgence morale.
FORED restera mobilisé et vigilant jusqu’à ce que la transparence, la justice et la bonne gouvernance deviennent une réalité en Ituri.
FORED ne se taira pas face à l’injustice
FORED refuse que le Lac Albert devienne le symbole d’un état de siège vidé de son sens, où l’exception sécuritaire sert à masquer l’inaction, l’opacité et l’impunité. Le pillage des ressources naturelles, la marginalisation des pêcheurs artisanaux et le silence des autorités ne sont ni des fatalités ni des accidents : ce sont les conséquences directes de choix politiques et de défaillances de gouvernance.
FORED tient les autorités sous l’état de siège pleinement responsables de la situation actuelle du Lac Albert. Le temps des constats est révolu. La population de l’Ituri exige des actes, des résultats et des comptes.
FORED poursuivra son travail de veille citoyenne, de documentation et de plaidoyer, au niveau provincial, national et international. Nous dénoncerons chaque abus, chaque dérive et chaque tentative d’étouffement de la vérité. La protection du Lac Albert est un combat pour la justice environnementale, la dignité des communautés locales et l’avenir de l’Ituri.
👉 Aucune paix durable ne peut se construire sur l’injustice et l’impunité.
👉 Aucun développement n’est possible sans transparence et redevabilité.
Appel à la mobilisation citoyenne pour la défense du Lac Albert
FORED appelle les citoyens et citoyennes de l’Ituri, les communautés riveraines du Lac Albert, les pêcheurs artisanaux, les jeunes, les femmes, les leaders communautaires, les journalistes et les défenseurs des droits humains à se mobiliser pacifiquement et collectivement pour la protection du Lac Albert.
Le silence n’est plus une option. L’indifférence nourrit l’impunité. La destruction progressive du Lac Albert compromet notre sécurité alimentaire, notre dignité et l’avenir des générations futures.
FORED invite chaque citoyen à :
- refuser les pratiques illégales qui détruisent le lac ;
- dénoncer, documenter et signaler les abus, les tracasseries et les réseaux de prédation ;
- soutenir les pêcheurs artisanaux et les communautés victimes d’injustice ;
- exiger des comptes aux autorités à tous les niveaux, dans le respect des lois et des principes démocratiques.
FORED annonce le renforcement de ses actions de veille citoyenne, de sensibilisation et de plaidoyer, en collaboration avec les communautés locales et les partenaires engagés pour la justice environnementale et la paix durable.
👉 La défense du Lac Albert est une responsabilité collective.
👉 La mobilisation citoyenne est notre force.
FORED restera debout, aux côtés du peuple iturien, jusqu’à ce que la transparence, la justice et la bonne gouvernance deviennent une réalité dans la gestion du Lac Albert.
Le Lac Albert nous appartient.
Le protéger, c’est défendre notre avenir.
La rédaction

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