🌲 Implication du M23 dans l’exploitation illégale du bois en RDC
Le M23 (Mouvement du 23 mars), un groupe rebelle actif surtout dans l’est de la République démocratique du Congo, est impliqué — directement ou indirectement — dans l’exploitation illégale des ressources naturelles, notamment le bois et le charbon de bois, dans les territoires qu’il contrôle ou influence.
🪓 1. Taxation et prélèvements sur le bois et le transport
- Dans les zones sous son contrôle (ex. zones du parc national des Virunga et axes routiers comme Kitshanga et Mushaki), le M23 impose des taxes illégales sur les camions transportant des planches ou du bois.
Exemple chiffré : le groupe a taxé plus de 125 camions transportant du bois sur quelques mois, générant plus de 65 000 USD en taxes illégales, avec une moyenne qui pourrait dépasser 300 000 USD par an rien que sur ce segment. - Ces prélèvements ne sont pas de simples ponctions : ils fonctionnent comme des impôts à un « État parallèle », contribuant au financement des opérations du M23 et à l’établissement de structures administratives alternatives.
🌳 2e. Contrôle et exploitation de zones forestières
- Le M23 contrôlait des zones d’exploitation forestière illégale (par exemple dans le secteur de Mikeno du parc national des Virunga, le long de la frontière de Nyiragongo et Rutshuru) où il abattait du bois et produisait des planches de manière non réglementée.
- Dans ces zones, les rebelles ne font pas nécessairement toute la production eux-mêmes, mais permettent l’exploitation par des civils ou petits producteurs, tout en levant des taxes sur la production ou le transport, ce qui équivaut à tirer un revenu substantiel de l’activité illégale.
💰 3. Profits directs et indirects du trafic forestier
- Les revenus issus de ces taxes et de l’exploitation illégale (bois, charbon de bois) sont utilisés pour alimenter les opérations militaires et administratives du M23 dans les zones qu’il occupe.
- Des organisations de défense des droits et de l’environnement ont dénoncé que ces prélèvements servent non seulement à générer des ressources financières mais aussi à consolider la « gouvernance locale » parallèle du groupe, remplaçant de facto les autorités congolaises dans certaines zones.
🌍 4. Déforestation et impact environnemental
- L’occupation territoriale de secteurs forestiers et de parcs nationaux par le M23 et d’autres groupes armés facilite une montée rapide du déboisement, car les efforts de conservation et de surveillance sont réduits ou neutralisés.
- Dans des zones comme Kahuzi-Biega, l’ouverture de nouvelles routes et l’absence d’écogardes ont mené à une production accrue de charbon de bois et de bois d’œuvre, avec des pertes forestières bien supérieures aux années précédentes.
- Même si les rebelles ne produisent pas directement tout le bois, le fait qu’ils permettent, tolèrent ou taxent ce commerce illégal contribue à accélérer la destruction forestière.
📌 En résumé
Le rôle du M23 dans l’exploitation illégale du bois et des ressources forestières peut se résumer ainsi :
✅ Taxation illégale des camions de bois et des barrages dans les zones sous contrôle ;
✅ Contrôle de certains secteurs forestiers, souvent au détriment des autorités nationales et de la protection environnementale ;
✅ Financement de leurs activités par prélèvements sur la production ou le transport de bois et charbon ;
✅ Effet structurel sur la déforestation : ils facilitent l’exploitation accrue du bois en assouplissant ou négligeant totalement les règles de conservation et d’exploitation légale.
La Rédaction


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